Le patrimoine documentaire Norvégien

Trois documents norvégiens ont été inscrits sur le registre Mémoire du monde

- Henrik Ibsen: Maison de poupée (2001)
- Expédition de Roald Amundsen au pôle Sud (2005)
- Les archives de la lèpre (2001)

Henrik Ibsen : Maison de poupée
La pièce de théâtre Maison de poupée a été montée dans le monde entier, et elle l’est encore un siècle et demi après sa création. Peu d’oeuvres théâtrales ont eu un tel impact au plan mondial sur les normes et les conditions sociales. Rares sont les dramaturges dans le monde qui peuvent se vanter d’avoir construit un rôle d’une importance comparable au personnage de Nora Helmer.
Dès sa première publication, Maison de poupée a suscité débats et controverses, attribuables à la fois à une magnifique trame dramatique et à la puissance des idées.
La première ébauche de la pièce est intitulée Notes sur la tragédie du temps présent (Rome, 19 octobre 1878). Quand elle a été publiée, en 1879, cette oeuvre a bouleversé le théâtre occidental contemporain, qu’il s’agisse de la forme ou des thèmes employés. Au XXe siècle, la pièce est devenue célèbre, pour gagner l’Asie et le tiers monde, où sa forme est devenue le symbole du théâtre occidental moderne et son contenu celui de valeurs telles que les droits de l’homme et la liberté existentielle.
Les ébauches nous plongent directement dans l’atelier du dramaturge. Nous pouvons y suivre les parcours de l’imaginaire et de l’art d’Ibsen et apprécier comment s’y aiguise sa pensée. Dans les manuscrits, Ibsen exprime ses idées révolutionnaires plus directement et de manière plus facilement accessible que dans la version achevée de la pièce, qui est devenue, pour des raisons artistiques, plus ambiguë. On trouve parmi les manuscrits tous les documents dont on connaît l’existence, de la création à la première édition de la pièce.
Maison de poupée est une oeuvre exceptionnelle. Nora, malgré un avenir incertain — elle est confrontée aux problèmes qu’une femme divorcée et sans ressources devait subir dans la société du XIXe siècle —, a été et reste l’emblème universel des femmes qui luttent pour leur libération et pour l’égalité.


Expédition de Roald Amundsen au pôle Sud (1910-1912)
Roald Amundsen et quatre de ses compagnons équipés de traîneaux à chiens atteignirent le pôle Sud le 14 décembre 1911. L’expédition, en particulier l’équipée en traîneaux à chiens jusqu’au pôle, a été décrite comme une entreprise audacieuse, très bien préparée du point de vue logistique et exécutée de main de maître.

Pendant des siècles, les régions polaires de l’Antarctique et de l’Arctique ont été considérées comme les limites extrêmes de la conquête humaine et les pôles Nord et Sud ont longtemps représenté des objectifs majeurs de la découverte géographique.

Les découvertes dans l’Antarctique et l’Arctique contribuèrent, en Norvège mais aussi dans le monde entier, à une plus grande prise de conscience des questions de souveraineté et de droits sur les mers et les terres des régions polaires, qui aiguisèrent également les intérêts politiques.

Les films originaux sur l’Expédition de Roald Amundsen au pôle Sud illustrent un grand exploit historique, loin des frontières du monde civilisé, dans des conditions climatiques extrêmes.

De son vivant, Roald Amundsen (1872 – 1928) contribua par ses nombreuses expéditions, et en compagnie de ses équipes, à enrichir les connaissances de la recherche polaire. Mais sa réputation vient aussi et surtout de son art de la préparation et de l’exécution d’une expédition polaire classique.

La collection de films est unique en ce qu’elle dépeint les événements majeurs de la première expédition réussie jusqu’au pôle Sud. Bien qu’incomplet, le film comprend plusieurs séquences originales prises entre 1910 et 1912. Il s’agit de films négatifs et de tirages de première et deuxième génération.

Les Archives de la lèpre de Bergen
Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui croient que la lèpre est une maladie du tiers monde. Pourtant, elle n’a hélas que trop fait partie du quotidien européen pendant des siècles, en particulier dans les régions littorales. Dans l’ouest de la Norvège, beaucoup de personnes en étaient encore atteintes après qu’elle eut pratiquement disparu du reste de l’Europe.
Cela pourrait bien être l’une des raisons pour lesquelles Bergen devint au milieu du XIXe siècle le centre scientifique de la lutte contre la lèpre, grâce au travail des docteurs Danielsen et Armauer Hansen, qui découvrirent le Mycobacterium leprae en 1873. Aujourd'hui, la lèpre est pratiquement éradiquée en Europe et, bien qu’il y ait encore de 10 à 15 millions de lépreux dans le reste du monde (où ce mal est souvent appelé maladie de Hansen), la progression du nombre de nouveaux cas serait presque enrayée.
Les Archives de la lèpre de Bergen nous renseignent sur le progrès décisif qu’ont supposé au plan mondial la connaissance scientifique et la description de cette maladie. Le patrimoine documentaire de ce moment charnière dans la lutte contre l’un des fléaux les plus redoutables que le monde ait connu est encore étudié et exploité au plan international et il mérite une diffusion plus vaste en tant qu’instrument prophylactique.